Jour 98. Le delta du Sénégal est un paradis hivernal pour les fauvettes. Dortoirs de fauvettes dans les roselières et rousserolles dans les buissons, tout y est. On pourrait parler des pouillots, des locustelles ou des hypolaïs dans la forêt, notamment de l’omniprésente Iduna opaca, mais devant l’immensité des roselières, nous devons nous arrêter aux Acrocephalus.
Au cours de ces 100 premiers jours de baguage, l’espèce la plus capturée est sans aucun doute Acrocephalus schoenobaenus (numéro 1, d’ailleurs, celui de la photo portait une bague londonien), suivi de près par une espèce africaine, Acrocephalus rufescens, de grande taille et dont la limite nord de répartition africaine se situe dans le delta du Sénégal.
Acrocephalus scirpaceus (3) est également très abondant, tandis qu’Acrocephalus arundinaceus (4) est présent partout, mais en plus petit nombre. En revanche, Acrocephalus paludícola est habituel mais beaucoup plus rare, bien que dans les marais appropriés, il soit légèrement plus fréquent. Enfin, Acrocephalus baeticatus (6) est l’espèce la plus rare dans les milieux où nous intervenons et sa limite septentrionale de répartition se situe au fleuve Sénégal. En 100 jours, nous n’avons encore trouvé aucun Acrocephalus palustris.